Le piège des revenus « potentiels » : ce que les fiches ne disent pas

Iannick ChampagneCourtier immobilier Residentiel commercial - 98859

23 oct. 2026


Un taux de capitalisation de 10 % sur un triplex montréalais, ça vous fait rêver? Moi aussi — jusqu'à ce que j'ouvre la fiche détaillée. Voici ce que j'ai découvert en épluchant les fiches courtiers dans Centris, et comment vous protéger avant de signer quoi que ce soit.


« Effectifs » égaux à « potentiels » : le signal d'alarme


Le 23 octobre 2026, je me suis assis devant les fiches détaillées courtiers de 15 immeubles à revenus en vente sur l'île de Montréal. Et un constat revient fiche après fiche : dans presque toutes, les « revenus bruts effectifs » sont identiques aux « revenus bruts potentiels » — même quand des logements sont vacants.


Traduction : les chiffres affichés ne sont pas des loyers encaissés. Ce sont des valeurs locatives, c'est-à-dire des loyers estimés par le courtier inscripteur pour des logements parfois vides. Pour l'acheteur qui lit vite, l'immeuble « rapporte » un montant que personne n'a jamais perçu.


Les dépenses : l'autre moitié du mensonge

Le taux de capitalisation (cap rate) se calcule avec le revenu net : revenus moins dépenses d'exploitation. Or, dans les fiches examinées, les dépenses listées se résument presque toujours aux taxes seulement. Pas d'assurances, pas d'entretien, pas de gestion, pas de provision pour inoccupation.


Résultat : des cap rates affichés systématiquement gonflés. Un immeuble peut avoir l'air d'un placement de rêve sur papier alors que son rendement réel, une fois toutes les dépenses comptées, n'a rien à voir.


Trois exemples qui donnent froid dans le dos

Un triplex dans LaSalle affichait un cap rate de 10,2 % et le meilleur MRB de tout l'échantillon. En creusant : la quasi-totalité du « revenu » provenait d'un local commercial vacant, évalué à une valeur locative assumée, et d'un logement résidentiel lui aussi vacant. Le revenu réel actuel de l'immeuble? Environ 0,8 %. On passe d'un placement exceptionnel à un pari spéculatif.


Deux immeubles présentés comme des « aubaines » — avec des ratios prix/revenus imbattables — se sont révélés être des bâtiments ayant subi un incendie majeur, vendus essentiellement pour le terrain, avec démolition aux frais de l'acheteur. Leurs « revenus » étaient calculés sur des logements inhabitables.


Sur les 15 fiches détaillées passées au crible, une seule présentait des revenus entièrement réels, provenant de logements et de locaux tous occupés. Une sur quinze.


Votre liste de vérification avant toute offre

Ne vous fiez jamais au chiffre vedette d'une fiche. Voici les documents à exiger, sans exception :


Les baux en vigueur — logement par logement, avec les loyers réellement payés et les dates d'échéance. Un logement vacant n'a pas de revenu, point.


Le rôle des loyers — pour distinguer ce qui est loué, ce qui est vacant et ce qui est « au marché » seulement dans la tête du vendeur.


Les dépenses réelles des dernières années — taxes, assurances, énergie, entretien, déneigement, gestion. Sans elles, aucun cap rate n'existe.


Le compte de taxes et le rôle d'évaluation municipale — pour valider les charges et la valeur au rôle.


L'état physique de l'immeuble — un bâtiment incendié, une fondation à refaire ou une toiture en fin de vie changent complètement l'équation.


Le mot de la fin


Les fiches immobilières sont des outils de mise en marché, pas des états financiers audités. Le travail d'un acheteur — et de son courtier — commence là où la fiche s'arrête : dans les baux, les factures et les visites. Un rendement qui existe seulement sur papier ne paiera jamais votre hypothèque.


Vous avez repéré un immeuble et vous voulez savoir ce qu'il rapporte pour vrai? Appelez-moi : on fait les calculs ensemble, documents à l'appui.


Par Iannick Champagne, courtier immobilier RE/MAX — Hall of Fame · 450-566-1173 · iannick.com

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre général et peuvent ne pas refléter les lois ou règlements en vigueur. Veuillez vérifier tout détail auprès d'un professionnel qualifié avant de prendre une décision. Certaines sections peuvent avoir été créées avec l'assistance de l'intelligence artificielle et devraient être validées pour en assurer l'exactitude.

Écrit par Iannick Champagne

Courtier immobilier Residentiel commercial - 98859